Love is All ? Fresh & Young

dirtyhenry | 10 mai 2009 | concert | 50 commentaires

Une nouvelle soirée de concert au point éphémère et encore une soirée réussie, à l’occasion du Pink & Purple Pop Festival, organisé par popingays.com. Un cadre parfait (bord de Seine) et une place à pas cher (12 € la soirée), merci merci merci.

Chorégraphie absurde pour la forme, musique qui ne l’est pas moins pour le fond, Minuscule Hey, duo bordelais a la charge d’ouvrir la soirée. Jeune fille à gauche pour la basse, jeune homme à droite à la guitare et au contrôle des boîtes à rythme, les deux chantent un rock électronique très minimaliste davantage proche de l’atmosphère de Stereo-Total que de celle des Beatles, du Velvet Underground ou de Bob Dylan qu’ils citent en référence ou reprennent sur certains titres (Hey Bulldog et Subterranean Homesick Blues sont au répertoire du duo). Le groupe, proche de leurs voisins Magnetix dans l’atmosphère très série Z, est à découvrir mais on pourra quand même lui reprocher une certaine constance dans le rythme qui tend à ennuyer le public sur la durée de leur set.

Du duo, on passe à un trio avec l’entrée en scène de Modernaire. Deux Anglaises au chant, Cruella de Mill et Chesty La Rue, accompagnées de leur compère Oscar Wildstyle au KORG/boîte à rythme offre une musique aux influences très variées, de l’électro pop la plus synthétique aux harmonies vocales/violoncelle, qui évoquent à la fois Au Revoir Simone, Cocorosie ou Metronomy, qu’ils ont déjà accompagné sur scène. Parfois rejoint par un 4ème larron, chargé de batterie, le groupe offre une belle prestation, dont on ne retrouve malheureusement pas le charme en se penchant sur leurs enregistrements, même si Distraction, écoutable sur leur MySpace mérite sa place sur n’importe quelle compile du moment.

Enfin, on va pas se le cacher, on est venus pour eux, le trop méconnu groupe suédois Love is All entre en scène. Se présentant au public par un “non somme l’ameure c’est toute” charmant, le quintette va jouer pendant la petite heure suivante tout ce qu’une batterie, une basse, un saxophone, une guitare, un clavier et des voix à l’énergie “sans se forcer” exemplaire peuvent faire de mieux quand ils sont réunis dans la même pièce. Pour s’en convaincre, le remède est d’écouter les chefs d’œuvre que sont Ageing had never been his friend ou Wishing well, disponibles sur les deux albums du groupe, à se procurer de toute urgence. En live, on a en plus l’avantage d’avoir sous les yeux Josephine, chanteuse, qui déverse un spectacle de débauche d’énergie “flegmatique” (l’association de ces deux termes surprend… mais la performance de Josephine aussi) et qui, toujours en train de se marrer, semble presque gênée des applaudissements mérités que reçoit le groupe. Généreux, celui-ci offre deux rappels avant de s’éclipser, visiblement davantage par défaut de titres à jouer que d’envie de partir (c’est décidément le mal du siècle). On se revoit aux festivals estivaux les amis suédois ?

Photo : ©☃

Chalumeau est-il un mec sympa ?

dirtyhenry | 3 mai 2009 | livre | 3 commentaires

Laurent Chalumeau vient de publier Un Mec Sympa, son septième roman, que j’ai lu sur les conseils de Serge Kaganski (ou du moins de son blog). L’histoire de Manu, un ex-tennisman semi pro reconverti en voleur de bijoux. En liberté conditionnelle, il décide de redevenir clean. Sauf qu’un enfoiré de juge ripoux le fait chanter : s’il ne cambriole pas un musée de montres, le juge le fait retourner en prison. Roman choral fait de travailleurs sociaux, de flics et juges, de pègre locale, de chirurgiens esthétiques et de vieilles bourgeoises qui trompent leur ennui au club de tennis du coin, ce nouvel ouvrage a plusieurs qualités essentielles : l’histoire est quand même bien fichue (les liens narratifs entre chaque personnage font certes beaucoup appel au hasard, d’aucuns les qualifieraient même peut-être de rohmeriens allez savoir, mais ils n’apparaissent jamais deus ex-machina et l’auteur est d’ailleurs assez malicieux pour faire dire à l’un de ses personnages que quand même tous ces hasards c’est dingue non ?), on veut connaître la suite et, cerise sur le gâteau, c’est souvent drôle, notamment par l’usage massif de tournures du genre “machin faisant ci” qui donne à la narration un ton cynique, laconique et dégagé, à croire que l’auteur écrit son roman comme il écrit une liste de courses.

Ceci n’est d’ailleurs pas bien étonnant car Laurent Chalumeau n’est pas un débutant. Son fait d’arme le plus notable est d’avoir écrit les textes des sketches d’Antoine de Caunes à Nulle Part Ailleurs. Tout ce qui sortait de la bouche de Pine d’huître, Didier l’Embrouille ou Aquarium était en fait le fruit de la plume de Chalumeau, également ancien rock critic pour Rock&Folk.

Mais diable se dit-on alors, aurait-on affaire à un génie ? Malheureusement l’investigation qui suit le “cherchons promptement ce que ce mec a bien pu faire avant” (qui arrive inévitablement en fin de lecture d’Un Mec Sympa) laisse une impression de malaise. Quand on gratte un peu plus loin, on trouve quand même quelques casseroles dans le passé du bonhomme : scénariste de films de merde (Hercule & Sherlock, par exemple, c’est lui), parolier pour Michel Sardou et G-Squad… Hum…

Lire un second livre pour préciser son jugement sur Lolo me semble donc à la fois nécessaire et risqué. Nous vous tiendrons informé. Et puisque ses collaborations avec son pote De Caunes - qui maintenant que j’y pense dispose lui aussi de cette faculté très déroutante de pouvoir alterner le très bon et le très mauvais - est le sommet de sa carrière, surveillons également leur prochaine collaboration pour Le Montespan, prochain film d’Antoine, scénarisé par Laurent.

Photo : ©scottnj

TOP MUSIQUE 2008 (Par Dead Rooster, canal historique)

guiguilele | 4 mars 2009 | disque | pas de commentaire

Repue de corps peinturlurés s’agitant sur des scies musicales accrocheuses certes, mais trop empreintes de sonorités eighties pour être honnêtes, la branche Dead Rooster-Canal Historique a décidé de ne pas célébrer les petits jeunes braillards, ou les midinettes proprettes à voix de velours, mais plutôt de se pencher sur les vieux, les poilus, les célèbres et les oubliés, les on-sait-pas-ce-qu’ils-sont-devenus-mais-on-s’en-fout, les ils-sont-complètement-décédés-et-c’est-navrant. Ce top se veut cependant fédérateur, et n’est donc pas uniquement destiné aux vieux cons blasés après tant d’années à se démolir les ruches à base de rock dans toutes ses déclinaisons, ou aux jeunes cons en passe de devenir de vieux bougres aigris. Espérons que chacun y trouve son compte ! Avant de commencer, notons que ce top 2008 est basé essentiellement sur la mauvaise foi et l’arbitraire, dans la mesure où, notamment, la plupart des disques présents ici ne sont pas sortis en 2008. La raison de leur présence est plutôt due au fait qu’ils ne sont parvenus aux oreilles du musicophile revivaliste qu’au cours de cette fameuse année 2008…

Néanmoins, comme par essence, un top se doit de classifier les choses, nous diviserons ici les choix en 3 parties : le rock garage, la musique “calme” (entre pop et folk dirons-nous) et, puisque nous ne sommes tout de même pas totalement hermétiques aux groupes plus actuels, une sélection des quelques rares qui nous aurons émoustillés cette année avec leurs nouvelles livraisons.

1. Penchons-nous donc sur un genre revenu au goût du jour, principalement grâce à l’appui à peine visible d’un mensuel dédié au Rock, et un peu (une page…) au Folk. Avant la naissance des parents de ceux qui représentent “la scène rock parisienne”, de nombreux ancêtres s’essayaient donc à la guitare électrifiée, accompagnée le plus souvent d’une basse omniprésente, d’une batterie assourdissante, voire d’un orgue virevoltant. Bref, le rock garage. Le genre qui préfigurait pléthore d’autres genres à venir (du hard au punk, en passant par le prog). Mais chez les groupes de l’époque, point de rythmique pachydermique, pas plus que de nappes de claviers surnuméraires. Non ! En ce temps-là, tout était à l’économie, et fait dans l’urgence. Et donc, les 3 groupes qui auront retenu l’attention cette année sont The Shadows of Knight, The Remains et We the People. N’ayant ni l’envie, ni l’espace de faire la biographie de ces groupes (allmusic fait ça très bien…), intéressons-nous plutôt à leurs traces discographiques laissées à la postérité. Et tout d’abord : The Shadows of Knight, ou comment faire pour métamorphoser le pillage de tombes en œuvre personnelle. En effet, à première ouïe, on pourrait être rebuté par la 5032ème version de Hey Joe ou par la 127ème version de Gloria (il faudra d’ailleurs attendre la 128ème pour qu’un faux sosie moustachu de Jane Birkin en fasse un succès sur son cultissime Horses). Cependant, ces gens parviennent à ne pas rester dans le pur exercice de style ! On sent en effet une réelle implication dans ces covers, le solo sur Hey Joe est relativement oufesque, le Gloria sauvage à l’extrême ! Et que dire de la demie douzaine de reprises de titres de Willie Dixon qui émaillent leurs deux premiers albums (Gloria et Back Door Men), si ce n’est qu’elle donne indéniablement l’envie de se pencher sur la carrière du bluesman. Et lorsque les Ombres du Chevalier ne pillent pas leurs glorieux ancêtres (et/ou contemporains), c’est pour nous pondre des titres gigantesques (l’incroyable Gospel Zone, ou la supplique d’un mâle qui veut que sa compagne l’aime du matin au soir, de l’été jusqu’à l’hiver, dans la cour comme dans la cuisine).

The Remains ensuite, avec la réédition de leur album éponyme. Beaucoup moins “garage”, beaucoup plus pop. Mais tout de même, pendant un titre comme Don’t Look Back, comment ne pas avoir envie de chevaucher une grosse cylindrée, les cheveux au vent, un après-midi de juillet, sur la route de Nashville (ou au pire, de se trémousser comme un forcené sur le dancefloor de n’importe quel bar rock). Idem pour Say You’re Sorry ou encore All Good Things (ça devait remuer du popotin en 1966 !). Et puis, il y a les chansons des rockers au grand coeur : Ain’t That Her ou Baby I Believe In You. Dans toutes ces chansons en tout cas, c’est de la guitare tranchante à qui mieux mieux ou de l’orgue placé comme on l’aime (c’est-à-dire présent et non pas omniprésent !). Alors certes, parfois, on se dit qu’on écoute des Rolling Stones de seconde zone, mais bon, des copistes des Stones, cela ne vaut-il pas mieux que n’importe quel suiveur new wave actuel ? (c’était le passage vieux con de l’article…)

Pour clore ce volet du top, We The People, groupe totalement inconnu mais totalement génial ! On ne saura que trop recommander le double album Mirror of Our Mind, paru en 1998, et qui donne un aperçu quasi intégral des talents de ce groupe. Capable du parfait hymne garage Drivin’ Me Out of My Mind, tout en batterie galopante, en éructements et en guitare incisive, d’un titre psyché parfait My Brother The Man avec son orgue au poil et ses bruits plein de reverb, ce groupe peut aussi explorer des territoires sonores insoupçonnés : There’s Gonna Be A Storm ou Ain’t Gonna Find Nobody et leurs cuivres semblant venir de la Nouvelle Orléans. Peu importe le genre abordé, tout ou presque ici frôle la perfection ! J’incite toute personne sensée qui n’a pas envie de tout démolir chez elle à l’écoute de Double Trouble ou de I Wanna Do It à m’écrire. De même, celui qui ne se marre pas aux premières secondes de He Doesn’t Go About It Right ou qui ne pleure pas sur St John’s shop peut lever fièrement le bras et dire : “Moi m’sieur ! Moi !”. Non, défitivement, c’est impossible ! Quant au riff de Too much noise, a-t-on fait un jour plus efficace que ce “pada pada BAM, pada pada BOM” ? (et je n’évoque même pas le refrain qui aurait dû être l’hymne officiel de toute baston entre loulous à bananes qui se respectent !)

2. Ayant sué sang et eau sur la piste de danse, il est désormais temps de rentrer chez soi et d’écouter de la musique plus calme. Je ne m’appesantirai pas sur Dennis Wilson et son Pacific Ocean Blue, puisqu’il a déjà fait l’objet d’un post ici ! N’en disons pas trop non plus sur Neil Young et son Sugar Moutain, live de 1968, puisqu’on espère en reparler plus longuement pour la sortie du premier volume des Neil Young Archives, sortie qui se veut imminente (après une bonne dizaine d’années de tergiversations administratives et techniques). Soumettons seulement l’avis que, comme la plupart des disques du loner sortie ces 5 dernières années, cette galette est de très grande facture, et permet de découvrir les prémices de la longue carrière du Canadien. Intéressons-nous plutôt à 2 autres artistes qui ont fait l’objet de rééditions récentes. Tout d’abord, Lee Hazlewood, ou la plus belle moustache de la musique américaine, est mort en 2007. Du coup, Rhino a eu la bonne idée de rééditer ses albums parus sur Reprise en un seul coffret, “Strung Out on Something New en 2008. Tout n’est certes pas du niveau de l’autre indispensable coffret …MGM recordings, mais quand même, il y a ici quelques très bons moments (Sally Was a Good Old Girl, Rainbow Woman, Houston, qui n’a rien à voir avec le morceau de Johnny Cash…). On découvre en plus, à la fin du second disque, que Lee avait un talent de producteur non négligeable : on en était déjà conscient lorsqu’il s’agissait de faire chanter Nancy, la fille de Frank, on le retrouve ici dans cette même posture de défricheur de jeunes talents, avec par exemple, les obscurs mais attachants Wildcats, de même que les tout aussi obscurs mais plus trippants Whisk kids. Bref, un coffret indispensable pour tout aspirant moustachu !

Autre mort qui a refait surface en 2008, Nick Drake, dont la musique n’a jamais été aussi présente (dans les pubs, dans des films, dans des séries) qu’au cours des 5 dernières années. En un sens, c’est quand même une très bonne chose. On ne pouvait imaginer qu’une oeuvre d’une telle beauté reste à jamais totalement ignorée, quand des héritiers revendiqués (Elliott Smith à tout hasard) acquiert une relative reconnaissance publique. Et donc, en 2007 est sorti Fruit Tree, un coffret rassemblant l’intégralité (ou presque) des enregistrements de sieur Drake. Hormis le “connu” Five Leaves Left, nous avons donc ici droit aux albums Pink Moon et Bryter Layter. Et, si le premier n’étonne personne, puisque dans la même lignée que le Five Leaves Left suscité, Bryter Layter est beaucoup plus surprenant, dans ce sens où la musique est plus enjouée et plus orchestrée (ici, moults cuivres quand là bas, ce n’était que guitare rachitique et cordes glaciales). Il faut un certain temps pour admettre que Nick Drake n’était pas uniquement un génie de la ballade mortifère, mais pouvait très bien enfiler le costume de dandy sur le retour (car il faut tout de même être conscient qu’on reste très loin de la gaudriole !). Ainsi Hazey Jane II ou At The Chime of A City Clock prouvent qu’un écrin foisonnant d’instruments pouvait aussi convenir au fil de voix fluet de M. Drake.

3. Pour finir, et pour satisfaire un peu tout le monde, signalons les coups de cœur de cette année 2008, en matière de jeunes qui ont du talent. Tout d’abord, la paire Last Shadow Puppets/Rascals. Relativement indissociables dans la mesure où Miles Kane fait partie des deux entités, mais aussi parce que ces deux groupes ont un talent certain pour faire des chansons classieuses sur un rythme martial (The Age of The Understatement pour les uns, Fear Invected Into A Perfect Stranger et sa dernière minute dantesque pour les autres), même si les premiers font dans la pop symphonique, pas si éloignée parfois de ce que faisait le brave Lee-la-moustache sus-cité, alors que les seconds font dans quelque chose de beaucoup plus agressif. Ensuite, The Notwist, déjà évoqués dans ses lignes, qui n’ont certes pas sorti un album aussi transcendant que le fut Neon Golden en son temps, mais qui se sont fendus d’un single excellentissime (Boneless, la chanson la plus entêtante de ces 5 dernières années) et d’un spectacle beau à pleurer à la dernière Route du Rock (voir également le post consacré ici). Et comment conclure ce classement sans évoquer le retour en force d’Oasis, groupe qui a assez de talent pour faire tout le temps la même chose, mais différemment. Dig Out Your Soul est ainsi hautement recommandable puisque, même si aucune chanson n’imprègne irrémédiablement le cerveau de l’auditeur, chaque écoute est plus qu’agréable et loin d’être si monotone que le laissent entendre les détracteurs du groupe, pour qui les frères Gallagher ne sont que des Beatles des temps modernes (ok pour I’m Outta Time, mais pour Ain’t Got Nothin ou Falling Down je vois pas).

Ainsi se termine ce top, totalement bancal, totalement incomplet (quid de la réédition du Live in Santa Monica de David Bowie ? Quid de Jay Reatard, Islands ou des Magnetic Fields ?). En tout cas, vivement 2009, et un fossé toujours plus grand entre des vieux encore plus vieux et des jeunes encore plus jeunes !

Quelques liens utiles :

Initials B. B. & A. M.

dirtyhenry | 10 février 2009 | concert | 1 commentaire

April March est l’artiste méconnue la plus omniprésente du moment. Cela dure depuis la sortie de Boulevard de la mort, de Tarantino, en juin 2007. Le cinéaste a remis au goût du jour sa double reprise de France Gall en version originale (Laisse tomber les filles) et version américanisée (Chick Habit) qui depuis inonde les clubs indé, les bandes son de publicités et même certaines sonneries de portable. Ce titre a pourtant déjà 15 ans et date de l’époque à laquelle la californienne pour le moins francophile s’était laissée aller à reprendre de nombreux titres du répertoire français, pour la plupart signés Gainsbourg : Laisse tomber les filles (donc), Caribou, La Chanson de Prévert, Cet air-là, etc…

Rien d’anormal donc à ce qu’elle finisse par rencontrer Bertrand Burgalat, chef de tribu, via son label Tricatel (nom inspiré de l’Aile ou la Cuisse ?), de ce qui se fait de mieux en matière de revival de pop/yéyé élégante d’ascendance gainsbourienne. Il produit en effet Katerine, A.S Dragon, Héléna Noguerra ou Valérie Lemercier mais aussi d’autres opus ovnis, à la croisée des chemins du rock et de la littérature, comme ces disques de Michel Houellebecq ou de Jonathan Coe. Lui-même est d’ailleurs musicien et propose ces semaines-ci une tournée d’adieu (à prendre au sérieux ?) en compagnie de sa muse April March pour lequel il a écrit deux disques de très haut niveau (quoiqu’assez radicalement différent de son Chick Habit ou de ses fulgurances garage fabriquées avec The Makers) : Chrominance Decoder et Triggers.

Pas de première partie ce mercredi 28 janvier, à l’Elysée Montmartre. Quelques figures notables ont pris place autour de la scène (Michka Assayas et Héléna Noguerra traînent autour du bar) et le concert commence avec Bertrand Burgalat au chant, entouré d’un groupe à l’identité sonore très proche de celle d’A.S Dragon et une section de cordes violon/alto/violoncelle adolescente (enfants ? neveux et nièce ?). Bomber noir improbable sur les épaules, Bertrand pose sa voix nonchalante sur des compositions en français ou en anglais, lors desquelles il n’hésite pas à faire profiter l’assistance de son accent pour le moins approximatif. L’ensemble devient la B.O. idéale de vacances en bord de mer, plein de copains en bras de chemise debout sur la banquette arrière, accoudés au toit de la 2CV, toit ouvrant béant, brin de blé au bord des lèvres et chapeau de paille sur la tête. Sur scène, Burgalat (et son groupe) est un peu à la pop 60’s ce que Katerine (et les Little Rabbits) est au punk 70’s : une figure décadente et féminine d’élégance du genre.

Après presque une heure de concert, April March rentre en scène et prend le micro. Bertrand Burgalat reprend alors un simple costume de musicien pour accompagner la courte performance de la chanteuse qui exclut les titres de son dernier album pour n’interpréter que les classiques du duo Chrominance Decoder/Triggers ainsi que Caribou en ouverture et le désormais tube Chick Habit en fin de set. Quoiqu’honorable, le show laisse sur sa faim, on aurait aimé que ça dure plus longtemps. Burgalat le sent bien et rappelle ses sbires pour un rappel généreux mais évitable : ils vont rejouer un titre du concert. Pour la prochaine tournée d’adieu, il faudra bosser plus de morceaux les mecs !

Photo : ©*Le seb*

Top Musique 2008

dirtyhenry | 20 janvier 2009 | disque | pas de commentaire

Pourquoi faire un top 2008 mi-décembre ? Non, à Dead Rooster, on est sérieux et on fait notre top quand l’année est finie. De mon côté, pas de différence entre le top album et le top singles de l’année puisque les trois mêmes groupes prennent pied sur le podium des deux catégories.

1. She & Him - Volume One

She & Him, j’ai l’impression de ne parler que d’eux mais ils le méritent follement à tout point de vue. Musique, références, look, clips, noms, fréquentations, carrières annexes, tout est une réussite chez M Ward et Zooey Deschanel. Cet album est le sommet de l’année, écouté en boucle depuis plusieurs mois, il ne fâne pas et a même tendance à se bonifier. Le titre du disque Volume One est de bon augure et on espère les revoir bientôt dans les bacs mais surtout sur scène, après leur prestation à l’Olympia annulée au dernier moment en novembre dernier.

2. Fleet Foxes - Fleet Foxes

Fleet Foxes aussi j’en parle sans arrêt mais eux aussi le méritent malgré ou à cause de leurs longues barbes dégueulasses. Album impeccable, titres imparables et concert de premier ordre en novembre dernier, Fleet Foxes signe également une des plus belles pochettes de l’année (j’ai oublié de le dire mais celle de She & Him n’est pas mal non plus).

3. MGMT - Oracular Spectacular

Enfin, une pochette hideuse sur le podium. MGMT fut une des révélations FM de l’année et c’est sans doute mérité car malgré le niveau inégal de leur album, ses meilleurs singles sont de très très haute volée. Time to Pretend (meilleur single depuis le Take Me Out de Franz Ferdinand), Kids (single dancefloor le plus efficace depuis… toujours ?) ou Pieces of What (modèle de pop song comme Bowie n’en fait plus) resteront des pièces maîtresses de la musique à retenir de l’année, voire la décennie.

 

Les Autres

Mentions “honorables” : Last Shadow Puppets, Supergrass, The Dodos, Lightspeed Champion, Girls in Hawaï
Mentions “déceptions” : Of Montreal, Kings of Leon, Nada Surf
Mentions “merde, on n’a même pas écouté” : Bloc Party
Mentions “découverts grâce aux tops 2008 des autres” : Born Ruffians
Mentions “concerts” : The Black Keys, The Datsuns, The Notwist, The Dodos, Girls in Hawaï

Photo She&Him : ©Jason Bergman

Photo Fleet Foxes : ©Sonny Malhotra

Photo MGMT : ©Oliver Peel